RLP : l’article paru sur le site de LEclairCit en novembre

Alors que nous n’avions pas encore de site internet, nous avons demandé à l’association l’EclairCit de relayer sur son blog notre analyse du projet de RLP et nos inquiétudes… Voici l’article tel qu’il a paru (merci à eux !)

 

Le projet de RLP de Troyes

Suite à l’extension de Troyes Champagne Métropole et à la décision des communes membres de ne pas céder la compétence urbanisme à TCM, la ville de Troyes a décidé, par une délibération du conseil municipal, d’élaborer un projet de Règlement Local de Publicité, qui sera annexé à son PLU. Les objectifs affichés sont notamment d’encadrer la mise en œuvre des enseignes, de maîtriser l’essor des panneaux numériques, de privilégier la sécurité routière.

La ville de Troyes est tenue de faire une concertation publique (d’octobre à décembre, à l’hôtel du Petit Louvre et sur le portail commerce). Pourtant, elle a choisi de n’informer le public qu’au minimum (un encart dans le Press’Troyes de septembre), considérant que la population n’est pas vraiment concernée. De fait, le registre de concertation est toujours vierge.

Nous estimons au contraire que tout usager de la ville est concerné, et doit pouvoir être informé ! Ce document va déterminer l’aspect de notre ville pour les décennies à venir…

Notre analyse

Notre analyse porte surtout sur la partie « publicité », laissant aux spécialistes de la préservation du patrimoine le soin d’informer sur le volet « enseignes ». En effet pour nous la publicité est une pollution, quelle que soit la qualité de son intégration dans l’architecture et le paysage.

Nous avons relevé des points positifs :

– l’extension des Zones de Publicité Restreinte, dans lesquelles les règles de densité et d’interdistance entre les panneaux sont plus strictes (art. 2.1.1, 2.2.1 et 2.3.1 du projet)

– l’interdiction des adhésifs publicitaires sur les vitrines (art. 4.2.2 et 4.3.2)

Et nous avons de grandes inquiétudes :

– l’autorisation de la publicité en zone de protection du patrimoine architectural, urbain et paysager (ZPPAUP), les secteurs protégés au titre du patrimoine des XIX et XX siècle, dans lesquels, par défaut, la publicité est interdite (art. 3.3.1, 3.4.1 et 3.5)

– et surtout l’absence de règles s’appliquant spécifiquement à la publicité numérique (art. 3.3.2 et 3.4.2) : rien ne l’interdit sur le mobilier urbain (abris voyageurs*, sucettes d’informations municipales), et les règles applicables aux panneaux numériques sont les mêmes que pour les autres dispositifs (sauf le format, qui doit être réduit).

Un peu d’anticipation…

Voici ce que permettrait la stricte application de ce projet, dans le pire des scénarios catastrophe :

Deux ans plus tard : sur les boulevards et accès, tous les panneaux lumineux existants ont été remplacés par des panneaux numériques ; au départ, ça choquait, et puis on s’habitue ; maintenant il y a aussi des grands panneaux rue de la Paix, rue Etienne Pédron… Ca anime les rues !

Sept ans plus tard : voici la ville connectée ! Il y a maintenant des écrans de pub à chaque abri de bus, y compris au centre-ville. Ça offre une bonne connexion wi-fi, et grâce aux capteurs dont sont équipés ces bijoux de technologie, on ne voit que les pubs qui nous intéressent. Et pour les enfants, c’est génial : une télé géante, qui leur propose jouets et gourmandises… Ils n’ont jamais été aussi sages en attendant le bus. Vivement Noël !

Nos revendications

Comme on sait que la catastrophe est toujours pire que le pire des scénarios, nous demandons, a minima :

l’interdiction de la publicité numérique sur mobilier urbain pour protéger les usagers de l’évolution inquiétante en termes de publicité ciblée

un encadrement strict de la publicité numérique (interdistance de 200m minimum, interdiction absolue à proximité des carrefours) pour protéger les usagers de la route des dangers liés à l’éblouissement et la distraction

le maintien de l’interdiction de la publicité dans les zones de protection du patrimoine (ZPPAUP) : pourquoi protéger le patrimoine, et finalement y implanter des panneaux ?

– l’extinction des enseignes, vitrines et mobilier urbain dès la fin de l’activité : pourquoi éclairer les abris voyageur quand il n’y a plus de voyageur ?

l’interdiction de la publicité au sol (cleantags)

 

Ces mesures nous paraissent nécessaire pour atteindre les objectifs cohérents en termes de sécurité routière, réduction de la pollution lumineuse, économies d’énergie, protection des personnes et mise en valeur du patrimoine.

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